top of page

Reliques du passé | Gérald Brisson

Photo du rédacteur: UltiMagUltiMag

Gérald Brisson! Ce nom vous dit quelque chose? Sûrement pas!  Cet  homme a consacré sa vie et celle de sa famille à lutter contre la dictature en Haïti, découvrons le récit funeste de la vie de cet homme qui incarnait Che Guevara pour les Haïtiens.


Né le 10 février 1937 à Port-au-Prince d’une famille aisée et lettrée, Gerald Brisson reçoit une éducation à la fois stricte et rigide de la part de son père. Avec sa haute taille et son corps mince il avait le parfait physique d’un athlète, sa virtuosité faisait de lui un sportif imbattable. Il s’exerçait pratiquement dans toutes les disciplines sportives de l’institution des Frères de l’Instruction Chrétienne. Il fit ses études primaires et secondaires à l’institution Saint-Louis de Gonzague. Passionné du football, il joue pieds nus avec les jeunes de Lalue, son quartier, consterné par leurs conditions délicates  de vie il partage à l’insu de ses parents son argent de poche avec ses camarades. Il se rend régulièrement à La Saline pour se familiariser avec les personnes les plus dépourvues et pour mieux comprendre leurs revendications et besoins.


Il ne peut se séparer de son ami François Benoit, il passe leurs vacances d’été ensemble à Camp-Perrin, ils tentent vainement de grimper le sommet du pic Macaya. Aux baccalauréats de 1955, il fait la connaissance de Jacqueline Volel qui deviendra par la suite son épouse. De cette union naitront ses deux enfants Françoise et René. En 1955 il s’inscrit à la faculté de Droit, avec quelques camarades ils forment le groupe Fignoliste de soutien pendant la campagne présidentielle. Ce groupe deviendra l’Association des étudiants en droit dont il sera le président  en 1957.

Son ami d’enfance François Benoit étant instructeur aux FAD’H, l’initie secrètement au maniement des armes à feux. Opposant farouche du régime des Duvaliers il participe  avec quelques camarades à la profanation de la tombe de Duvalier père.


En décembre 1959 à 22 ans,  il est arrêté pour ses activités politiques. Par l’intervention de son père il obtient sa libération sous caution et se trouve contraint de s’exiler en Colombie.

Gerald reste en contact avec son ami Jacques Stephen Alexis par correspondance qui lui aussi partage les idées révolutionnaires de Gerald.


Sa fiancée lui expédie régulièrement les numéros du quotidien Le Nouvelliste par paquets. Il devient très vite nostalgique. Sa fiancée le rejoint en Colombie et ils partent ensemble pour la Jamaïque. Persécutés, le couple part à Moscou. Jacques Stephen Alexis les obtient deux bourses d’études à l’Université Patrice Lumumba. De 1961 à 1965 Gérald étudie l’Économie, sa femme étudie le génie hydraulique. Gerald suit parallèlement des cours de Sciences sociales, il étudie les œuvres de Plekhanov, de Gramsci, Engels, Marx et de Lénine. Il suit  clandestinement  des cours à un camp militaire éloigné de Moscou où les cadres officiers de l’armée sont formés.


Gerald reste informé aux nouvelles d’Haïti, l’assassinat de ses amis du PEP Jacques Stephen Alexis, Charles Adrien Georges en 1961, le massacre de la famille de son ami d’enfance François Benoit et le massacre  de la famille d’Adrien Sansaricq en 1964.

A la fin de ses formations en Économie, en politique et en cadre d’officier, il quitte Moscou et se rend à Cuba.


Une fois à Cuba, il s’entraine à la guérilla, il emprunte le pseudonyme de Sylvio Mendoza pour séjourner à l’hôtel National de la Havane. Durant cette formation il finalise et publie en Octobre 1965 son ouvrage intitulé  les « Fondements Économiques de la situation Révolutionnaire  1945-1946. Cette même année il participe à la rédaction des « Fondements de l’entente populaire en Haïti » avec son acolyte Raymond Jean-François, le duo partage les mêmes idées révolutionnaires et la même conviction politique.


Il approuve la participation du PEP Haïtien au congrès du PC (Parti Communiste) Chilien en septembre 1965 ainsi qu’à la conférence tricontinentale Asie, Afrique, Amérique Latine de janvier  1966 à la Havane.


Entretemps la femme de Gerald termine ses études en ingénierie, elle le rejoint à la Havane en juillet 1965. Ce même été un évènement tragique se produit à Port-au-Prince, durant un entrainement clandestin du PPLN (Parti Populaire de Libération Nationale), une balle perdue blesse un des membres du parti, ce qui attire l’attention de la Police secrète du régime en place. Cet incident occasionnera l’arrestation, la torture et la mort de plusieurs militants dont Jean-Jacques Dessalines Ambroise et Mario Rameau, d’autres sont contraints de partir en exil.


Cet incident n’a fait que renforcer l’aspiration de Gérald, il devient convaincu que les militants haïtiens doivent venir se former à Cuba. Il termine son entrainement à la Guérilla en mai 1966. Il met le cap pour la République Dominicaine en vue de gagner Haïti.


A Santo-Domingo il se lie d’amitié avec Narciso Isa Conde et Jose Israel Cuello, leaders du PCD, un parti de gauche Dominicain. Il fait jouer ses contacts pour obtenir des fusils d’assauts fabriqués à Santo-Domingo, et se procure de faux documents de voyage pour les militants qui transitera par la République Dominicaine. Gerald voyage à La Romana pour aider les coupeurs de canne dans leur lutte pour l’amélioration de leurs conditions de vies et de travail. A la fin de l’année (1966), il est finalement prêt pour rentrer au pays.


Déguisé avec des lunettes et des boules dans la bouche pour passer la frontière, Gérald est désormais Mario Théodore, sa vie clandestine lui mènera à habiter à Frères, Montagne Noire, Boutilliers etc.

Gerald et ses militants prônent la lutte armée pour renverser la dictature, du régime en place. Une telle lutte requiert énormément d’argent, pour les munitions, l’alimentation des militants, la logistique etc. pour ce faire, un groupe de cinq militants conçoivent un braquage le 6 novembre 1967 à la Banque Royale du Canada, lors du transport d’un coffre contenant 77 800 US$. Le 7 décembre de la même année, une autre attaque est perpétrée contre Elois Maitre, un haut gradé de la police. D’autres attaques furent menées sur des postes militaires ou de police, sur des bourreaux du régime tel René Brénéville, Le capitaine Delva de fort Dimanche etc.

Pris en chasse à la rue des Miracles le 04 novembre 1968 par le Lieutenant Edouard Guillod et Antoine Khouri Gérald et René Theodore arrivent à repousser cette attaque.


1969, Le gouvernement réprime sévèrement les membres du parti, du 27 mars au 11 avril à Cazale, succombent : Alix Lamaute rentré de Strabourg, Roger Méhu qui fut arrêté mais ne sortira jamais des casernes Dessalines. Une tentative du régime pour capturer Gerald à Boutiliers coute la vie à Adrien Sansaricq rentré de Cuba depuis un an. Jacqueline qui animait la presse clandestine est aussi capturée. Quant à Gerald il ne se trouvait pas à Boutilliers ce jour-là. Ce même jour des membres du parti incarcérés à Fort Dimanche furent fusillés en guise de représailles des pertes infligées aux troupes gouvernementales.


Elizabeth Philibert et Joseph Roney, secrétaire générale du PUCH, sont arrêtés et enfermés à Fontamara. Dans ce même assaut à Savane Salée, Yanick Rigaud et Arnold Devilme y laissèrent leurs peaux.

Traqué sauvagement Gerald et son groupuscule formé de Waderstrandt et de Daniel Sansaric balade de planque en planque.


Le petit groupe se planque dans une maison du parti au #11 de la rue Brun-Ricot, où il rencontre Jacques Jeannot, Niclerc Casseus et Bernadette Louis. Peu de jour après, le 2 juin 1969 un groupe de soldats des casernes grandement supérieur en nombre et en armes attaque Gerald et son groupe. Les assiégés ripostent, ils tombent tous sous l’assaut des balles.


On raconte que Gerald, à court de munitions s’est donné la mort avec la capsule de cyanure qu’il portait toujours ce qui reste jusqu’aujourd’hui non-confirmé, par ce qu’on a jamais retrouvé son corps. Cela n’empêche que son nom soit gravé en lettres dorées dans les archives du passé. On retient de Gérald un homme qui s’est battu avec fougue et détermination pour libérer son pays du joug de la dictature sanglante des Duvaliers, le Che Guevara Haïtien, un Dessalines des temps modernes.


©️UltiMag


Cliquez sur ce lien et aimez la page facebook d'UltiMag pour rester connecté avec UltiMag : https://www.facebook.com/ultimag/

Whatsapp :

+5093380-5011

 
 
 

Posts récents

Voir tout

Commenti


Post: Blog2_Post

UltiMag 

+509 4274-5964

Formulaire d'abonnement

Merci pour votre envoi !

©2019 UltiMag | Tous droits réservés 

  • Facebook
  • Twitter
bottom of page